14225 articles - 12260 brèves

(2006) Atelier Alimentation en milieu pénitentiaire

Mise en ligne : 24 May 2008

Texte de l'article :

Milieu pénitentiaire Laon

>> Population(s) : Adolescents, Population carcérale

Contexte

Suite à une demande du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de l’Aisne, un projet alimentation a été élaboré pour les détenus du quartier des mineurs du centre pénitentiaire de Laon. En effet, l’adolescence est un moment clé de la vie, une période de croissance et de maturation faisant apparaître de nouveaux besoins et durant laquelle de nouveaux comportements et de nouvelles habitudes, notamment alimentaires, vont s’installer. Bien que les bienfaits de certains aliments et, plus généralement, d’une alimentation diversifiée et équilibrée ne soient plus à démontrer, les habitudes alimentaires de certains jeunes sont parfois très éloignées des recommandations établies. Quelles sont les raisons de leurs choix alimentaires ? C’est justement ce point que l’on a souhaité interroger et analyser avec eux en mettant en place des ateliers « Santé alimentaire » dans l’objectif de les conduire à faire des choix alimentaires de façon éclairée et de faire évoluer leurs habitudes alimentaires dans le sens des recommandations énoncées dans le cadre du Programme National Nutrition Santé.

Objectifs

Objectif général

Amener les jeunes à faire des choix éclairés en matière d’alimentation.

Objectifs spécifiques

Réaliser un état des lieux des habitudes alimentaires de chacun.
Susciter chez les jeunes détenus une réflexion sur leurs propres habitudes alimentaires et la représentation qu’ils en ont.
Découvrir les bienfaits des aliments, leurs apports, leur classification et les recommandations du Plan National Nutrition Santé.
Découvrir et partager les goûts, les saveurs et les savoir-faire culinaires. 
 
Objectifs opérationnels

Mettre en place un comité de pilotage avec les personnels encadrant les jeunes du quartier des mineurs (éducateurs, cuisinier, personnels de l’Education nationale, SPIP, UCSA, etc.)
Organiser et animer des ateliers d’information et de pratique autour de l’alimentation pour les jeunes du quartier des mineurs. 

Public

Les détenus du quartier des mineurs du centre pénitentiaire de Laon.

Partenaires financiers

Direction régionale des services pénitentiaires

Direction régionale des affaires sanitaires et sociales de Picardie dans le cadre du plan régional de santé publique.

Partenaires techniques

La directrice-adjointe du centre pénitentiaire, le responsable du Quartier des mineurs, les surveillants, la diététicienne.

Ce qui a été réalisé

Afin d’organiser la mise en œuvre des ateliers, deux réunions se sont tenues au quartier des mineurs avec la directrice-adjointe du centre pénitentiaire, le responsable du Quartier des mineurs, l’enseignant, les surveillants et les représentants du CRES de Picardie - Etablissement de l’Aisne. Ainsi, deux groupes de 6 et 7 jeunes détenus ont été constitués. Pour chacun des deux groupes, 5 ateliers d’une heure et demie ont été programmés entre le 26 septembre et le 19 décembre 2006 avec un rythme moyen de 2 ateliers par mois et animés par une chargée de projets du CRES de Picardie - Etablissement de l’Aisne.

Ainsi, l’atelier n°1 visait à questionner leurs représentations sur l’alimentation, leurs habitudes alimentaires.

L’atelier n°2 était quant à lui axé sur la découverte des groupes d’aliments, de leurs apports et de la notion d’équilibre alimentaire.

L’atelier n°3 s’articulait autour de l’élaboration d’un menu équilibré et du choix des recettes à réaliser lors de l’atelier suivant en faisant le point sur le matériel et les ingrédients nécessaires tout en respectant l’enveloppe budgétaire disponible.

L’atelier n°4 était un atelier de mise en pratique des savoir-faire culinaires et de découverte de goûts et de saveurs : un atelier cuisine, co-animé avec une diététicienne, suivi par un repas pris en commun.

Un cinquième et dernier atelier a permis de travailler sur le décryptage des emballages alimentaires et d’évaluer l’ensemble des ateliers tant en terme d’appréciation générale que d’apport de connaissances.

Les jeunes détenus participant aux ateliers se sont vus remettre, au fil des séances, différents documents (livret de recueil des habitudes alimentaires, brochures sur l’alimentation, l’équilibre alimentaire, les recommandations du Plan National Nutrition Santé, livret de recettes...).

Ce qui reste à réaliser

9 jeunes détenus, répartis en 2 groupes distincts, ont participé aux ateliers alimentation. Globalement, tous se disent être très satisfaits des différents ateliers avec une préférence toute particulière pour l’atelier cuisine de par le contenu, la forme - souvent ludique - et l’ambiance des séances. Ils ont tous apprécié ces temps d’échanges, de réflexion et de pratique autour de l’alimentation, thème qui suscite chez eux un intérêt certain, et disent y avoir appris des choses.

Même s’ils n’étaient pas spécifiquement demandeurs d’ateliers sur cette thématique au départ, ils souhaiteraient que ce genre d’activités puisse être proposé à nouveau au quartier des mineurs. Le seul bémol que certains d’entre eux évoquent quant aux ateliers, c’est la durée parfois un peu trop longue des séances. En effet, ils préfèreraient des séances d’une heure, excepté pour l’atelier cuisine...

Du point de vue de l’organisation des ateliers et du suivi des groupes, il est apparu relativement difficile de réunir les mêmes détenus sur une période de trois mois du fait des entrées et sorties du centre pénitentiaire, et donc de maintenir une dynamique de groupe. Toutefois, pour chacun des 10 ateliers, les jeunes qui étaient présents ont tous participé à l’ensemble des activités proposées sans aucune réticence, ce qui reflète bien l’intérêt qu’ils y ont trouvé.

Pour ce qui est des perspectives, il serait intéressant de reconduire ce type d’actions auprès des détenus du quartier des mineurs du centre pénitentiaire de Laon en planifiant les différents ateliers sur un laps de temps plus court et en associant pleinement les éducateurs PJJ, l’enseignant et les surveillants qui pourraient ensuite soutenir la dynamique impulsée.