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(2009) 8ème suicide d’un surveillant, 35 ans, à Fresnes, dans l’un des miradors avec son arme de service

Mise en ligne : 17 April 2009

Dernière modification : 17 April 2009

Texte de l'article :

Prisons - Un surveillant s’est suicidé dimanche à Fresnes
Sandrine Briclot, le mardi 7 avril 2009 à 04:00

Le fonctionnaire, âgé de 35 ans, en poste dans l’un des miradors, a utilisé l’arme de service.
Fabrice n’a pas répondu au test d’alarme, effectué toutes les 30 minutes par le personnel de surveillance de l’hôpital pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne). A 18 h 45, dimanche dernier, alors qu’il était seul, en poste dans l’un des miradors protégeant le bâtiment, le surveillant s’est servi de l’arme de service pour se donner la mort. Un fusil d’assaut rangé dans une armoire sécurisée qu’il a pointé sur sa tête.

On ne connaissait pas, pour l’heure, les raisons du suicide du fonctionnaire, âgé de 35 ans. Classé premier surveillant, en poste à l’hôpital pénitentiaire depuis 2000 après avoir travaillé à la maison d’arrêt, il était marié et père d’un enfant. Son entourage professionnel a décrit, lundi, un homme « discret » et « sans souci ».

Son épouse, toutefois, a affirmé lundi à des sources syndicales, qu’elle avait prévenu la direction de Fresnes que son « mari n’allait pas bien ». Elle même employée à la prison voisine de Fleury-Mérogis (Essonne), elle aurait ainsi demandé à ce qu’il ne soit pas affecté au mirador, seul poste en détention où les surveillants ont accès à une arme à feu. David Calogine, secrétaire général de l’Union fédérale autonome pénitentiaire (UFAP)-Paris, a expliqué hier qu’il avait « entendu parler » de ce mal-être, mais « sans en avoir confirmation ». Interrogée à son tour, la direction interrégionale Ile-de-France de l’administration pénitentiaire, à Fresnes, n’a, elle, pas voulu, lundi, s’exprimer sur le sujet, renvoyant à l’enquête judiciaire en cours.

« Reproche implicite »
L’entourage familial et professionnel du surveillant doit désormais être entendu pour tenter de comprendre les raisons qui l’ont poussé à ce geste et éclaircir les circonstances du drame. Une autopsie, ordonnée lundi par le parquet de Créteil, devrait être pratiquée aujourd’hui. Des prélèvements ont également été faits, notamment pour vérifier la toxicologie, dont les résultats n’étaient pas encore connus lundi, en début de soirée.

« La famille pénitentiaire est endeuillée, encore une fois, a protesté, dans un communiqué, l’Ufap. Alors que nous devons subir la sur-médiatisation des suicides des détenus, dont nous avons la charge, comme un reproche implicite d’un manquement à nos devoirs ; nous, surveillants pénitentiaires, sommes des êtres humains qui souffrons aussi dans nos cœurs et dans nos âmes, et parfois au point d’accomplir cet ultime acte de détresse. 

Mais nous le faisons dans l’indifférence la plus totale.
 » L’Ufap affirme que deux autres suicides de surveillants sont imputables aux conditions de travail dans les établissements pénitentiaires. Les principaux syndicats pénitentiaires ont appelé la semaine dernière à un « blocage progressif » des prisons, le 4 mai prochain, pour protester contre leur manque de moyens.

 

 

 

 

Source : France Soir