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Difficultés de parloirs

Mise en ligne : 1 January 2004

Dernière modification : 2 December 2004

Texte de l'article :

Je me permets de réagir suite à la lettre que vous avez publiée, concernant les conditions de parloir au centre de détention d’Uzerche (19).

Mon conjoint y est incarcéré depuis 10 mois, et les "règles "changent chaque semaine selon l’humeur du directeur.

Concernat la prise de RDV, les familles ont maintenant des cartes, mais l’on ne peut prendre RDV que 3 semaines à l’avance, donc si l’on ne vient qu’une fois/mois on doit téléphoner le mardi entre 14h et 17h et je mets quiquonque au defi de pouvoir les joindre. J’appelle avec 3 telephones en même temps, en renouvellant mon appel toutes les 5-6 secondes et je ne parviens jamais à les joindre.

Concernant le linge, on ne peut amener ni blouson, ni pantalon, ni pull sauf en demandant une autorisation spéciale au directeur, qui met je ne sais combien de temps à être accordée, et il arrive fréquement que cette autorisation ne soit pas parvenue au gardien qui est à l’entrée, donc on repart avec notre linge. Les livres et revues sont maintenant interdits, c’est la seule prison où j’ai vu cela...

Si un detenu est transferé à Uzerche il faut patienter au moins un mois avant que le permis de visite soit validé par le directeur, ce qui signifie un mois sans que le détenu n’ait de visite. Alors que ce permis nous a été auparavant delivré par une aurorité compétente c’est à dire le directeur de l’ancienne maison d’arrêt, le juge ou le procureur.

Je fais 700 km toutes les 2/3 semaines pour voir mon conjoint, et compte tenu de cette distance ils ne m’accordent que rarement des doubles parloirs, alors qu’ils sont censés être reservés aux familles venant de loin, ou venant rarement.

Ces doléances ne sont qu’un court éventail du mauvais fonctionnement des
parloirs. Sans parler du gardien qui accueille les familles, qui nous aboie
dessus, et nous traite comme des chiens. La seule fois où je lui ai dit qu’il était irrespectueux, il a menacé de suspendre mon permis.

Quoiqu’il en soit, je souhaite bon courage à tous ceux qui traversent cette épreuve.

Suzanna