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Les lettres types de la maison centrale de Beaulieu

Mise en ligne : 11 February 2006

Texte de l'article :

“ A Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Intérieur,
Monsieur le Ministre,
Le suppliant Baulier, Paul, détenu en la maison centrale de Beaulieu (Calvados), par suite d’un arrêt du 18ème Conseil de guerre séant à Paris en date du 9 Septembre 1872, qui l’a condamné à 5 ans de prison, pour coups et blessures, a l’honneur d’exposer à Votre Excellence :
Que poussé par la honte et ce sentiment qui l’empêche de se représenter, à sa libération, auprès de ses anciennes relations, il est animé du plus vif désir de s’expatrier au loin.
En conséquence, il a l’honneur de prier Votre Excellence, de lui accorder, comme une immense faveur, son transfèrement pour la nouvelle Calédonie.
Dans l’espoir que vous daignerez faciliter au suppliant le moyen de racheter, par l’exil, un passé qu’il regrette et confiant dans vos sentiments de bienveillance et de générosité,
Il a l’honneur d’être Monsieur le Ministre,
De votre Excellence
Le très humble très dévoué et très obéissant serviteur,
Paul Baulier
Beaulieu (Calvados), 24 mars 1873 ”

Beaulieu, le 12 7bre 1873
A Monsieur le Ministre de l’Intérieur
Monsieur le Ministre,
Lallemand Constant, détenu en la maison Centrale de Beaulieu sous le N° 23283, condamné en 6 années de Réclusion ; âgé de 19 ans ; cordonnier de profession, célibataire, désire subir sa peine à la Nouvelle Calédonie et fixer sa résidence.
Il a l’honneur d’être, avec le plus profond respect, Monsieur le Ministre
Votre très humble serviteur
Lallemand Constant
Détenu à Beaulieu n° 23283 ”

“ A Monsieur le Ministre de l’Intérieur
Monsieur le Ministre,
Le nommé Jorand (Emmanuel) détenu en ce moment à la Maison Centrale de Beaulieu (Calvados) sous le n° 22307
A l’honneur de vous exposer :
Que par arrêt rendu par la cour d’assises de St Brieuc (Cotes-du-Nord) en date du 14 janvier 1870 : il a été condamné à sept ans de réclusion.
Qu’il subit cette peine dans la Maison Centrale de Beaulieu où il vient d’apprendre
Que d’après un décret en date du 24 mars et 2 mai 1866, les condamnés écroués dans les maisons centrales pouvaient être envoyés sur leurs demandes à la Nouvelle Calédonie et obtenir à l’expiration de leur peine une concession de terrain.
Ma condamnation ne me laissant qu’une triste perspective pour l’avenir, mes plus ardents désirs, n’étant âgé que de 27 ans, seraient de me fixer à l’expiration de ma peine dans une colonie et d’y fonder un établissement.
En conséquence, Monsieur le Ministre, je viens vous prier de bien vouloir ordonner mon transfèrement pour ce lieu, où je pourrai par mon travail me créer une position.
J’espère que vous ne rejetterez pas ma demande ; mais qu’au contraire vu les motifs ci-dessus vous voudrez bien l’accorder.
Dans cette espérance, je suis avec un bien humble respect
Monsieur le Ministre,
Votre tout dévoué serviteur
Emmanuel Jorand
Beaulieu, le 10 mars 1873 ”

“ Beaulieu, 9 mars 1873
A Son Excellence
Monsieur le Ministre de l’Intérieur
Excellence
Hié Pierre actuellement détenu en la maison centrale de Beaulieu, à l’honneur de vous exposer :
Qu’il a été condamné le 31 août 1872 à 5 années de réclusion par la 2e Division du Conseil de Guerre séant à Caen.
Le suppliant est âgé de 29 ans ; il n’a plus de famille.
Il voudrait faire sa peine dans l’établissement de la Nouvelle Calédonie où il se propose de finir ses jours comme colon.
Il vous supplie très humblement, Monsieur le Ministre, d’ordonner son transfèrement dans cet établissement et il espère que vous voudrez bine lui accorder sa demande.
Il a l’honneur de se dire
Monsieur le Ministre
de Votre Excellence
le très humble et très dévoué serviteur
Hié ”

“ A Son excellence Monsieur
le Ministre de l’Intérieur
Paris
Monsieur le Ministre
Le nommé Vielle Louis Eugène, âgé de 35 ans, célibataire, condamné le 9 septembre 1871, par le tribunal de police correctionnel d’Alençon ) 3 ans d’emprisonnement et 5 ans de surveillance pour rupture de ban et falsification de papiers, actuellement détenu à la Maison Centrale de Beaulieu, vient solliciter de votre bienveillance la faveur d’aller subir sa peine à la colonie pénitentiaire de la Nouvelle Calédonie et sa peine subie il demande à s’y fixer comme colon, sa profession de menuisier pouvant lui procureur un travail assuré.
Dans l’espoir que votre Excellence daignera accueillir favorablement sa demande
Il est avec respect
Monsieur le Ministre
Votre très humble subordonné
N° 22955 Maison Cle de Beaulieu ”