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Prison : état des lieux accablant à Charles-III

Mise en ligne : 22 February 2006

Dernière modification : 1 September 2006

Vétusté des prisons

Texte de l'article :

Prison : état des lieux accablant à Charles-III

Deux détenus enfermés vingt heures par jour dans une cellule d’une "surface habitable de 9,91 m²" ; un wc "fissuré" et "sans chasse d’eau" séparé du reste de la pièce par "un simple rideau" ; une ventilation "inexistante" ; pas d’eau chaude en cellule ; six douches dont deux hors service pour 281 détenus ; les eaux polluées "collectées" le long des couloirs par un caniveau ouvert comme dans une écurie ; des coursives "développant au passage des remous de poussière" rendant le "nettoyage impossible" ; des escaliers présentant des "risques de chute" ; des peintures "vétustes" et "encrassées par la poussière"... Le constat que Jean-Marie Heisser, architecte DPLG, dresse de la maison d’arrêt de Nancy est accablant. Désigné dans le cadre d’un référé administratif introduit par Me Liliane Glock pour le compte de l’un de ses clients, ce professionnel a réalisé un état des lieux minutieux de la cellule 101 et des parties communes qui constituent l’environnement de ce prisonnier, lequel qualifie ses conditions de vie d’"épouvantables".

Selon son conseil, l’article D. 349 du code de procédure pénale, qui prévoit que l’incarcération "doit être subie dans des conditions satisfaisantes de salubrité" , et l’article D.350, qui impose que les locaux de détention "répondent aux exigences de l’hygiène, s’agissant notamment du cubage d’air, de l’éclairage, du chauffage et de l’aération", ne sont pas respectées par l’administration.

"Ce que l’expert a constaté est conforme à ce que je soupçonnais : il est scandaleux de faire vivre des hommes dans de telles conditions", a commenté hier Me Glock qui affirme disposer de photos attestant d’une "vétusté impressionnante". L’avocat envisage à présent de demander un complément d’expertise pour vérifier les conditions d’évacuation de l’établissement, en cas d’incendie, et la conformité du bâtiment avec les normes sur l’amiante.

Nicolas BASTUCK.
Source le Républicain Lorrain