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Date : 5-02-2007

(2007) Blog 26 Requiem pour les tyrans

Mise en ligne : 7 February 2007

Texte de l'article :

Laurent JACQUA
Maison Centrale de Poissy
17 Rue Abbaye
78300 POISSY

Requiem pour les tyrans

En cette fin d’année 2006 Saddam Hussein est passé par la potence dans une salle d’exécution sordide ressemblant à une cave. Sa pendaison retransmise dans le monde entier fut teintée d’une profonde sensation de malaise, comme si on nous imposait, par médias interposés, de participer à une ancestrale cérémonie de sacrifice humain venant du fin fond des âges. Enfin de compte l’humanité toute entière était invité, par le biais de la camera, à assister à la mise à mort du dictateur qui, je dois dire, affronta son destin avec un certain courage. Il y a cependant quelque chose de malsain dans le visionnage de cette vidéo morbide, comme une sorte de fascination, un plaisir de la mort de l’autre et cela nous renvoie à notre propre désir de violence, notre propre inhumanité, notre propre part d’ombre. Nous avons tous été fasciné de voir cette montée à l’échafaud ainsi que les préparatifs de l’exécution et je suis sûr, après que la corde fut mise autour du cou du condamné, que beaucoup ont regretté de ne pas avoir vu la tête de Saddam lorsque son cou se brisait... Il est certain que si on diffusait une exécution par jour à la télévision nous aurions des records d’audiences phénoménaux, c’est peut-être un nouveau créneau pour les publicitaires en quêtes de parts de marché.
Je suis contre la peine de mort, même pour le pire des hommes, surtout quand celles-ci sont publiques, que valons nous, que ressentons nous réellement lorsque nous assistons à ce genre de mise en scène macabre. Nos plus bas instincts s’expriment en nos âmes et ceci même si on essaye de se le cacher en se justifiant d’une parodie de justice.
Exécuté un homme quel qu’il soit et quoi qu’il ait fait, nous rend moins humains que lui à l’instant où on le tue. Nous devrions respecter la vie en toute circonstance car c’est la seule et unique chose qui rend à l’humanité toute sa noblesse. C’est tout ce qui nous sépare de la barbarie.

On peut se demander pourquoi cette exécution a été filmée puis diffusée, s’agissait-il, par la mort du tyran, de faire une sorte d’exorcisme à l’échelle planétaire pour détruire une des représentations du mal ?
Tué Saddam n’était pas une priorité, ni une nécessité car il ne représentait plus que l’image d’un vieux dictateur déchu. Derrière cette exécution il y avait en réalité d’autres intérêts et surtout une volonté certaine de vengeance inter confessionnelle.
L’occupant américain a livré en pâture l’ancien despote à ses pires ennemis qui se sont empressés d’en finir en l’achevant comme s’il s’agissait d’un rituel tribale vindicatif, d’ailleurs nous avons pu, grâce à un téléphone portable, voir le véritable déroulement des conditions de l’exécution, version qui n’a d’ailleurs rien à voir avec la première vidéo muette et officielle envoyée à toute les agences de presse du monde qui donnait l’impression d’une exécution propre, rapide et sobre. En fait il s’est agit d’une mise à mort aux relents de lynchage, une vengeance des nouveaux maîtres chiites de Bagdad contre un ancien ennemi qui les avait tant persécutés. Vidéo pirate où l’on entend distinctement les bourreaux et spectateurs signifier à Saddam leur haine et leur plaisir de le voir trépasser pour aller tout droit en enfer. Malheureusement ce qu’ils ne savent pas c’est que tous y sont déjà alors qu’ils se pensent encore vivant et vertueux.
Les démons de la guerre et des génocides prolifèrent comme la peste sur la terre, comme si ce monde était soudainement possédé par des puissances maléfiques. Si notre planète tremble du grand tremblement de la terreur c’est parce que le peuple enseveli commence à sortir des profondeurs pour distribuer gratuitement des concessions de malheurs à tous les hommes jusqu’à la fin des temps et l’avènement de la dernière prophétie.

Les terres Saintes sont éclaboussées de sang,
Comme un champ de mine traversée en courant,
Par des enfants insouciants.
Chemin faisant menant vert le néant,
C’est l’innocence qui se couvre de sang,
Pas de répit pour les bienfaisant,
L’heure est venue du bal des tyrans,
Ils saigneront la terre à blanc,
Décimeront même le cœur de vos enfants
Puisque de l’enfer ils sont les représentant,
Ainsi est venu la fin des temps,
Car déjà ils sont présents.

C’est un drôle de couscous qui se prépare derrière les dunes du Moyen Orient, la folie des hommes n’a plus de limite, elle n’est même plus humaine, c’est désormais la « bête féroce » qui mène la danse aidée de ses légions de cerbères et d’âmes perdues. Que vous le vouliez ou non, quand la dernière messe sera dite, vous danserez tous enchaînés avec votre propre démon en une ronde interminable et infernale.

En voyant mourir un dictateur vous pensez avoir éliminé la barbarie ?
Non ! Car elle s’exercera toujours contre des peuples, toujours plus nombreux, soumis au totalitarisme et au fanatisme.
Utiliser la barbarie pour éradiquer la barbarie, c’est encore de la barbarie...
La dictature et le crime contre l’humanité sont en expansions constante et ont encore de beaux jours devant eux, ils se répandent comme une maladie vénérienne, comme un cancer rongeant la terre dont les métastases se nomment Staline, Hitler, Franco, Mussolini, Mao, Pol pot, Pinochet, Somoza, Banzer, Batista, Stroessner, Ortega, Videla, Duvalier, Marcos, Saddam, Bokassa, Nguema, Mobutu, Amin dada, Ne Win, Kim jong il, Milosevic, Ceausescu, Poutine, Bush etc..... et tant d’autres charmantes personnalités passées et présentes qui s’amusent avec la vie de l’humanité comme dans la fameuse scène du film de Chaplin « le dictateur » où l’on voit la sinistre valse du tyran jouant à faire rebondir le globe terrestre entre ses mains...
Mais au fait à l’heure de la mort de Saddam, où sont passé tous ses complices occidentaux ?
Car la plus part de ses crimes ont été commis sous assistance logistique des pays développés, c’est drôle comme on a du mal à s’en souvenir. Il faut aussi se rappeler certaines résolutions de l’ONU ayant pour conséquence un embargo si rude qu’il fit mourir par manque de soin plus d’un million d’enfants irakien.
Saddam n’a pu mener ses guerre et ses massacres de masse que grâce aux armes, munitions, bombes, avions, chars, blindés, produits chimiques, missiles, radars, fournit par de distingués vendeurs de mort à la peau bien blanche et à la panse bien tendue qui aujourd’hui coulent des jours heureux gavés comme des porcs dans des stations thermales grand luxe pour ordures. Le monde occidental a laissé se perpétrer conflits et massacres en Irak durant plus de vingt ans parce que cela servait leurs intérêts géopolitiques tout en leur rapportant des tonnes de frics. Certes Saddam était un tyran sanguinaire mais ceux qui l’on laisser faire en fermant les yeux sur ces folies meurtrières sont aussi complices de crime contre l’humanité, ceux là même qui se sont pointer plus tard avec la démocratie entre les dents en échange d’une nouvelle donne de l’économie pétrolifère mondiale. Plus besoin du dictateur, autant se servir soi-même, alors les « pointures » des secrètes agences ont montés toute une manipulation mensongère pour envahir l’Irak où, finalement, on trouvera plus de victime civiles que d’armes de destruction massive. Ils finiront au bout de quelques mois par retrouver Saddam, l’ex ami de Ramsfeld, dans un trou à rat tout hirsute, vendu par un traître contre un chèque de 25 millions de dollars.

Voilà la fin de l’histoire de Saddam « le terrible », en le tuant publiquement on tente de nous faire croire que l’on se débarrasse d’un monstre, mais ceux qui les fabriquent sont bien en place et pour longtemps et croyez moi, ils ne sont pas au fond d’une prison ou au bout d’une corde, non ils sont libres et bien planqués derrière des puissances économiques et des pouvoirs corrompus qui dirigent nos quotidiens, ils ont des visages d’anges mais se sont des putains de hyènes avides de chaires humaines...le mal n’est jamais là où l’on croit et en vérité c’est à cela qu’on devrait le reconnaître.
Tout au long de ma vie j’en ai croisé des criminels, mais je vous assure que le monde dans lequel vous vivez et bien plus monstrueux et cruel que mon petit univers carcéral. Simplement vous vous y êtes tellement habitués que vous ne vous en rendez même plus compte. Nous, les prisonniers, sommes stigmatisés aux yeux des masses pour donner une forme, une apparence au mal, mais son véritable visage est juste à côtés de vous où même à l’intérieure de vous. Vous pensez que vos pensées, que vos certitudes, que vos idéaux, que votre honnêteté, que votre pseudo innocence, sont vos meilleurs alliés ?
Mais si tout cela n’était qu’une perverse illusion pour vous désorienter, vous aveugler sur la direction funeste qu’ont prise les ennemis de l’humanité. Le mal n’est jamais là où l’on croit et c’est ce qui en fait sa force...si le loup est dans la bergerie ce n’est que pour mieux mener le troupeau à l’abattoir.
Je crois qu’il faut se préparer au pire et apprendre à reconnaître le diable sous ses multiples formes car il est parmi nous en ce monde et aux meilleures places pour le match décisif d’un carnage à coup de tronçonneuse qui se prépare dans la boucherie humanoïde qui vient d’ouvrir au coin de ce nouveau millénaire.

Je suis désolé de ne pas vous rassurer, mais j’ai comme un don pour deviner l’horreur, c’est comme une intuition, une traduction des vibrations du monde qui me parlent justement parce que j’en suis exclu. Tous les échos terrifiants de votre univers se mélangent et me parviennent au fin fond de mon « donjon » qui se transforme en caisse de résonance. Toutes ces informations je les analyse, je les décrypte et c’est ainsi que naissent ces mots décrivant les visions métaphoriques que je vous distille. Je ne vous livre au fond que le reflet hideux du monde dans lequel vous vivez et si cela peut vous apporter un recul ou une réflexion alors c’est tant mieux, même si cela n’a pas vraiment d’importance et que cela ne changera rien à notre sort qui est commun puisque personne n’en réchappera et que nous finirons tous massacrés au fond d’un immense asile d’aliénés, lorsque nous auront enfin compris que nous avons affaire à des « Serial killers ». Chacun ne perçoit le monde que par sa propre perception, c’est pourquoi nous avons tous un enfer personnel à combattre.
Comme je ne vous l’ai pas dis j’ai déjà traversé quelques contrées maléfiques et je me rend compte que la frontière entre le monde réel et celui des ténèbres et de plus en plus mince et que les interférences qui en découlent se font de plus en plus violentes, de plus en plus intenses, comme si le temps de la rencontre et de la grande bataille entre anges et démons était venu.
Choisis ton camp camarade car ceux qui ne verront rien venir seront les premières victimes sacrifiées dans ce cauchemar qui devient, petit à petit, la réalité et qui ne fait que commencer dans cette longue nuit qui se prépare.
Nous avons tous rencard au lieu-dit maudit du crépuscule des barbares et de la tyrannie, le grand rendez vous que nous ont fixé ces crapules qui nous ont trompées depuis des siècles et va falloir, encore vivant, ne pas accepter et frapper les premiers si on ne veut pas finir dans un bain d’acide pour l’éternité. Ils ont déjà préparés les bacs pour toute l’humanité ces salauds ! Heureusement, j’ai pris de l’avance sur mes contemporains, afin de ne pas prendre cet acide pour de l’eau bénite car j’ai eu la chance et le privilège d’entre apercevoir ce qui se tramait derrière les fumées de la grande illusion, comme un voile se déchirant grâce aux derniers souffles des agonisants. Les endormis de la conscience, eux, vont être salement réveillés, cernés par les flammes, après avoir basculés dans le fossé qu’on leur a préparé.
Tous les despotes eux retournent au fond de l’abîme après avoir vidé les tripes des peuples victimes et s’être abreuver de leurs sangs pour satisfaire leurs besoins criminels. Lorsque qu’il y en a un qui meurt un autre ressurgit comme une malédiction. Ces « hommes barbelés » ne sont de passage sur terre que pour décimer la vie et massacrer la terre à coup de hache. On dirait que de temps à autre Méphisto s’amuse à les faire sortir de leurs repaires en prenant l’apparence humaine pour s’enquérir d’âmes et d’hémoglobine fraîche.
Je crois qu’on en a pas finit avec ces émissaires, ces ambassadeurs de l’enfer et qu’ils seront de plus en plus nombreux au fur et à mesure que celui-ci se rapproche pour signifier qu’il est temps de faire descendre tout ce qui reste de cette humanité meurtrie à la station Armaguedon...

À bientôt sur le BLOG pour la suite...

Laurent JACQUA, "Le blogueur de l’ombre"