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Communiqué de la Coordination Anti Répressive du 15 décembre 2002

Mise en ligne : 20 December 2002

Texte de l'article :

Attention, Monsieur Raffarin !
Alain Solé peut mourir dans vos prisons !

Le prisonnier politique breton Alain Solé, en détention "provisoire"depuis trois ans deux mois et quinze jours dans les prisons françaises, risque fort d’y laisser sa peau. Le maintien en détention "provisoire" d’Alain Solé met en effet sa vie en danger. Ce risque est démontré par le rapport de l’expertise médicale remis il y a quelques semaines à la Cour d’Appel de Paris.
Alain Solé souffre en effet d’un diabète de type 3, nécessitant un traitement permanent d’insuline, et entraînant la dégradation progressive des fonctions essentielles, et notamment d’organes vitaux.
Un accident médical tragique pour Alain Solé, faute de soins et actes médicaux appropriés, rendus impossibles par le cadre pénitentiaire, est donc tout à fait possible.
Une grave alerte est déjà survenue le 4 octobre 2002, entraînant son hospitalisation en urgence.

Laissons la parole à Maître Isabelle Coutant-Peyre, du barreau de Paris : "Le rapport de l’expert désigné, le Professeur Jacques F. Azorin, établi le 25 novembre 2002, démontre que le maintien en détention d’Alain Solé entraînera obligatoirement des accidents vitaux, faute de structure de soins appropriées aux graves pathologies dont il souffre.
Ce rapport démontre d’ailleurs que l’évolution de ces pathologies vitales résulte du manque de traitement depuis son incarcération.
Le résumé des différents compte-rendu d’hospitalisation démontre que :
- faute de surveillance médicale, alors que l’administration pénitentiaire avait refusé l’extraction d’Alain Solé pour différents examens hospitaliers, le 4 octobre 2002, survenait un infarctus du myocarde, dans un cadre de cardiopathie ischémique.
- Les examens effectués à la suite de l’hospitalisation d’Alain Solé aux urgences, révélaient :
 - " une sténose serrée de l’artère iliaque primitive associée à des plaques sur la bifurcation fémorale "
 - " l’artère coronaire droite occluse à la fin du segment I, réopacifiée en distalité par la circulation collatérale homolatérale " entraînant " une nécrose dans le territoire inférieur "

Dans ses conclusions, l’expert relève : " Surtout, il a été mis en évidence récemment premièrement sur le plan cardiaque, une insuffisance coronarienne avec un infarctus du myocarde au niveau du territoire inférieur, infarctus silencieux fréquent chez les diabétiques (...) une sténose hostale à l’origine d’une marginale qui pourrait se décompenser ".

L’expert relève également au niveau des effets du diabète d’Alain Solé un risque d’occlusion brutale de l’artère iliaque interne gauche.
Or, si le médecin expert ne se prononce pas explicitement sur l’incompatibilité de l’état actuel d’Alain Solé avec la détention, car indique-t-il " Ne connaissant pas personnellement les conditions d’une détention ordinaire, il nous est difficile d’affirmer ", il relève :
- " comme facteur de risque, nous avons retenu un diabète insulino- dépendant qu’il n’est pas toujours facile d’équilibrer ", Or, note-t- il " Il est difficile de réaliser un régime particulier dans ces conditions de détention "
- la nécessité de procéder à des examens médicaux complexes " scintigraphie myocardique au Thallium Permantine ", " une angioplastie de l’artère iliaque gauche pour éviter une occlusion brutale pouvant entraîner une ischémie du membre inférieur gauche ", et une fois ces conditions requises :
- les moyens logistiques et médicaux nécessaires à l’équilibrage du diabète.

Il faut nécessairement déduire de ces constatations que l’administration pénitentiaire n’est pas en mesure de répondre à ces actes nécessaires pour empêcher l’aggravation de l’état de santé d’Alain Solé, mettant sa vie en péril.
Ainsi, s’ajoute encore à une détention provisoire inadmissible, une incarcération dans des conditions visant à le détruire physiquement.

L’infarctus dont a été victime Alain Solé le 4 octobre 2002, aurait pu être évité si l’administration pénitentiaire n’avait refusé dans la période précédente à ce qu’il soit procédé à des examens en milieu hospitalier, comme les médecins l’avaient demandé."

La Coordination Anti-Répressive de Bretagne met donc solennellement et publiquement en garde les Ministres français de la Justice et de la Santé et le Premier Ministre et attire leur attention sur la GRAVITE EXTREME de leur responsabilité.

Elle exige la LIBERATION IMMEDIATE d’Alain Solé pour qu’il puisse se soigner convenablement.

Pour la Cordination Anti-Répressive de Bretagne,
Le porte-parole,
Claude Le Duigou.

Site internet
http://www.prizonidi.org